Depuis plusieurs semaines en France, aller d’un point A à un point B requiert tout l’alphabet. Une majorité d’usagers de la SNCF s’exaspère, les salariés grévistes persévèrent et le gouvernement fait œuvre de pédagogie. On n’a pas de transport, mais on a des idées ! Ainsi, les entreprises recourent à la visio-conférence et au télétravail quand c’est possible, tandis que les citoyens se tournent vers le co-voiturage. L’activité économique s’adapte, et si certains secteurs sont durement impactés, d’autres fleurissent à l’aune de ces nouvelles pratiques.

Dans le champ sanitaire, les patients ont la garantie de bénéficier des transports ad hoc, mais leur financement s’annonce complexe pour les établissements de santé, avec l’entrée en vigueur le 1er octobre prochain d’une réforme des transports inter-établissements. Au premier abord, le mécanisme semble simple pour nos établissements MCO : c’est le « prescripteur » du transport qui doit en supporter le coût, et qui facture alors un supplément « transport ». Mais quand on passe à la mise en application, au moins 7 situations différentes ont été identifiées par le Ministère, apportant chacune son lot de particularités médicales, administratives et financières. Et la pratique risque d’être encore bien plus compliquée, tant il existe de cas différents. La FHP-MCO travaille activement sur ce dossier et nous reviendrons vers vous dès que nous aurons des informations consolidées.

Le Ministère s’est engagé à une quasi-neutralité financière, avec le cas échéant une compensation par des AC la première année. Mais à ce stade, il nous est impossible d’évaluer l’impact budgétaire réel que ce nouveau modèle aura sur chacun de nos établissements, ni même de vérifier les chiffres macro-économiques avancés par nos Tutelles. La stratégie de nos dirigeants est clairement de faire peser sur d’autres acteurs l’épineux problème de l’évolution des frais de transports qu’ils ne parviennent pas à maîtriser … et ils ont manifestement jugé que la coupe des directeurs des cliniques et hôpitaux n’était pas assez pleine !

Ainsi, au-delà de cette nième contrainte tarifaire, c’est une nouvelle contrainte organisationnelle qui pèse sur les établissement de santé. C’est à eux que revient désormais la charge d’imaginer le mode de gestion des transports inter-établissements, en les intégrant dans leur modèle économique, en imaginant des plateformes de transports sanitaires ou en contractualisant avec les transporteurs en place. Et tout cela en moins de 6 mois !

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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