« Consacrer les valeurs du service public c’est dire que l’hôpital n’est pas une entreprise, ce qui n’est pas contradictoire avec la bonne gestion de nos établissements» déclarait encore Marisol Touraine lors d’une visite de terrain. Le mot « entreprise » est-il devenu incidemment une insulte ?

Si l’entreprise est une organisation dont le profit est la pierre angulaire, ce dernier serait-il aussi une injure ? A contrario, les mots « crise » ou « déficit » seraient-ils des éloges ? Sans bénéfice, comment l’hôpital procède-t-il aux investissements nécessaires à sa pérennité ? Les marqueurs traditionnels entre administration et entreprise volent ici en éclat : l’hôpital est noté par l’agence Moody’s et nos tarifs et activités sont fixés par l’Etat. La dette de 113 millions d’euros du CHU de Caen est « tendance » alors que celle de 43% de notre secteur est ignorée ?

Nous le voyons bien, sur ce registre idéologique, nous perdons à tous les coups. Réinjecter à l’hôpital le virus de l’administration, c’est la rechute assurée, et nous draper dans notre juste posture d’entrepreneur nous condamne à l’extinction de voix. « L’hôpital est le bâtiment civil le plus complexe après une centrale nucléaire » affirme Jean de Kervasdoué, espérons qu’il n’explose pas.

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