Quand la France, l’élève le moins vertueux des pays européens avec un déficit annoncé de 4,4 %, arrache le poste de commissaire européen aux affaires économiques, cela me rappelle l’hôpital public promu grand ordonnateur des territoires sanitaires dans le projet de loi de Santé. La France et le secteur public hospitalier sont tous deux paralysés par un déficit chronique et une incapacité à se réformer ; ils vont pourtant expliquer aux autres comment s’y prendre. Notre pays est frappé d’une forme d’inconscience dans l’exercice de l’État. Voilà le pitch ! L’hospitalo-centrisme est une bombe à fragmentation économique, financière, politique, sociale et médicale. Réflexe de Pavlov, les troupes s’identifient et les rangs se resserrent. Les acteurs libéraux, établissements et médecins, créent progressivement une force qui doit s’imposer comme le contre-pouvoir nécessaire, car sans confrontation, le pouvoir fonctionne en vase clos. Et si nous devenions tous des procrastinateurs, à l’instar de l’ex secrétaire d’État, et remettions toujours à demain les tâches (payer ses impôts, par exemple) dont nous pouvons nous acquitter le jour même ou si encore nous développions des phobies administratives ? Très rapidement, il faut soigner la phase aiguë et s’engager avec détermination dans le long tunnel du PLFSS 2015 puis de la loi Stratégie nationale de santé, mais surtout s’employer à soigner le chronique. Nous bataillerons sur les chiffres, mais nous ne nous laisserons pas enferrer dans un discours économique car c’est un projet sanitaire, un projet de société qu’attendent nos concitoyens.

Share
Cette entrée a été publiée dans Combats. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*