Si l’État a injecté 1,5 milliard d’euros supplémentaires dans les établissements de santé en 2018 avec une augmentation de l’ONDAM hospitalier de 2 %, nos tarifs vont néanmoins baisser au 1er mars de 0,9 % en moyenne, dont 0,7 % correspondent au coefficient prudentiel. Est-ce une moins mauvaise nouvelle que prévu ?

Les tarifs ont été publiés ce matin. Sur la forme, actons que cette publication intervient beaucoup plus tôt que les années passées. Sur le fond, les tarifs cachent leur lot de variations tarifaires, certaines positives, d’autres, plus nombreuses, négatives.

On ne peut que se féliciter de l’écoute attentive du Ministère à l’égard de nos revendications sur l’obstétrique, dont les principaux GHS inférieurs aux Tarifs Issus des Coûts sont progressivement réévalués. Notons également un effort, certes pas au niveau que nous aurions souhaité, sur la question du volume prévisionnel fixé à 1,6 %, contre 1,9 % et même 2 % les années antérieures.

Il n’en reste pas moins qu’il demeure une impression de continuité des politiques passées, avec la poursuite d’une politique du « rabot » tarifaire, d’une part sur la chirurgie complète et ambulatoire, et d’autre part sur la dialyse, dont notre secteur supporte 80 % des économies. Cela vient ternir une campagne tarifaire qui aurait pu marquer une réelle rupture.

Techniquement, il faut y regarder à deux fois lors de l’analyse des nouveaux tarifs. En effet, suite à la publication du Décret no 2018-130 du 23 février 2018, les reprises antérieures des allègements issus du CICE et du Pacte de responsabilité ont été réinjectées dans les tarifs et sont simultanément retirées par le biais d’un coefficient minorateur de 3 %.

Enfin, il faut adopter une approche globale des outils de tarification pour évaluer les impacts budgétaires réels sur nos établissements. La revalorisation des tarifs de médecine ambulatoire doit être appréciée – ou plutôt dépréciée – à la lumière de la circulaire dite « frontière », dont l’imprécision persiste et conduit à remettre en cause cette activité difficile à définir par manque de règles du jeu clairement établies.

Les campagnes tarifaires se succèdent et se ressemblent dans leur philosophie, avec tout de même cette année un infléchissement. Espérons que l’édition 2018 marque la fin d’une ère, pour aller vers une nouvelle construction tarifaire qui permette la transformation positive de notre système de santé.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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