Depuis mars dernier, l’Etat préempte 0,35% du chiffre d’affaires de la famille hospitalière en gage du bon respect des objectifs de dépenses. Le coefficient prudentiel est censé servir de réserve en cas de dépassement, ou être restitué si l’ONDAM est respecté. Sauf que la réalité est bien différente, et que le dégel de ce coefficient est plutôt le résultat de tractations politiques.

Et dans la fratrie, le secteur privé MCO – qui est pourtant le plus économe en volume d’activité – est sanctionné comme les autres. Au nom d’une enveloppe de ressources commune et d’arbitrages macro-économiques, l’Etat décide, de façon unilatérale, de ne lui restituer que 0,24%.

C’est donc la triple peine pour nos cliniques et hôpitaux privés MCO :
- un volume prévisionnel surévalué à 2% qui est ponctionné depuis 3 ans sur nos tarifs, malgré des sous-exécutions réelles et significatives dont le bénéfice est transféré vers l’enveloppe SSR et psychiatrie ;
- un coefficient prudentiel de 0,35% qui n’est pas restitué totalement à nos établissements, alors que sur les 8 premiers mois 2015, notre activité n’a augmenté que de 1,8% ;
- un mécanisme de dégressivité tarifaire qui frappera les cliniques MCO individuellement, sur des actes ciblés, alors que collectivement nous sommes vertueux.

Quand notre secteur soigne 34% des patients hospitalisés avec seulement 17% des financements hospitaliers, le tout dans des conditions de qualité et de sécurité satisfaisantes, il démontre – s’il en était besoin – qu’il est un acteur efficient et responsable du système de santé sur lequel l’Etat devrait s’appuyer … au lieu de le considérer encore et toujours comme la variable d’ajustement.

Certes, nos décideurs gèrent un état d’urgence et des élections régionales, mais nous gérons des emplois et prenons en charge la santé de 8 millions de citoyens. Espérons qu’ils finiront par s’intéresser de façon positive et constructive à notre secteur.

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