La publication des résultats de l’enquête du National Health Service sur l’hôpital de Stafford au centre de l’Angleterre a fait l’effet d’une bombe outre-Manche. Début février, nos voisins européens découvraient dans l’exemple de cet établissement qui a remonté le temps, la déliquescence très avancée de leur système sanitaire. Et encore, Stafford n’est que le premier d’une longue liste de 14 hôpitaux publics où le taux de mortalité est nettement excessif et jugé suspect. Au même moment en France, le chargé du rapport IGAS 2012 sur l’hôpital préfaçait : « L’essentiel ne doit pas être perdu de vue, l’hôpital sauve des vies« . Entre nos deux pays, plus que la Manche nous sépare. L’assèchement du financement public anglais a eu raison d’un système aujourd’hui tétanisé. Et si en France, fort de ce constat, le secteur hospitalier privé entraînait l’activité de soin dans une profonde mutation nécessaire car vitale ? Alors arrêtons d’empiler cases et systèmes dont plus personne n’a les moyens et dans lesquels la vie sanitaire cherche douloureusement à s’ajuster, mais à l’inverse observons-là un instant et inventons la forme et le système qui l’entoure et la soutient. Remplaçons les photos mentales de nos bâtiments prétentieux par des scènes de soin et d’humanité, cœur battant de notre métier. Stafford doit rester notre épouvantail à tous. Think different !

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