Ces derniers jours, dans la presse, David Servan-Schreiber nous dit au revoir. Alors que paraît son livre On peut se dire au revoir plusieurs fois, difficile de rester insensible à sa maladie qui nous rappelle combien les rémissions sont aléatoires. Difficile aussi de ne pas être touché par le courage d’un homme qui continue malgré sa maladie à se battre pour mieux vivre et soigner.

En tant que professionnel de santé, une chose me frappe : être à la fois soignant et soigné, être ainsi des deux côtés de la maladie, est un jeu cruel et délicat. Certains parleront d’ironie du sort. D’autres en profiteront pour discuter la validité des précédents ouvrages de David Servan-Schreiber. Mon propos ne sera pas celui-là. Ce qui me frappe, c’est que son cas dépasse aujourd’hui largement le cadre strictement médical.

Avec ce livre, on touche finalement au rapport à la vie et à la mort. On s’étonne moins, du coup, de la présence aux côtés de DSS de Matthieu Ricard, docteur en génétique cellulaire et surtout… moine bouddhiste. Il montre que l’excellence scientifique et médicale a ses propres limites, qu’il faut chercher ailleurs les réponses aux questions que pose la maladie. Et comme le dit David Servan-Schreiber au Nouvel Obs dans son interview : «  La mort fait partie du processus de vie, tout le monde y passe. En soi, c’est très rassurant. On n’est pas détaché du bateau. Ce n’est pas comme si quelqu’un disait : «Toi, tu n’as plus de carte, tu ne peux plus monter. » Ce quelqu’un dit simplement : « Ta carte s’épuise, bientôt, elle ne marchera plus. Profites-en maintenant, fais les choses importantes que tu as à faire. »

Une leçon de vie.

Share
Cette entrée a été publiée dans Non classé, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*