Plutôt que de s’intéresser à l’efficience des hôpitaux publics nécessaire pour équilibrer les comptes de l’assurance maladie, plutôt que de s’interroger sur la réalité économique d’un écart tarifaire impossible à justifier entre nos secteurs, le gouvernement est obsédé par les bénéfices des cliniques privées. Après avoir introduit la notion de bénéfice raisonnable, la majorité a fait adopter dans la loi de modernisation du système de santé un amendement prévoyant de soumettre les établissements privés au même contrôle par la Cour des comptes que les établissements publics, « afin de s’assurer de l’efficacité de l’argent public et de la régularité de sa gestion ».

Les parlementaires méconnaissent-ils à ce point la réalité de terrain ou est-ce une nouvelle provocation ? Savent-ils que nos comptes sont audités et validés par des commissaires aux comptes, et de surcroît publiés, alors que ceux des hôpitaux publics ne sont toujours pas certifiés malgré les milliards en jeu ? Considèrent-ils que l’argent public est plus efficacement géré par des opérateurs publics qui produisent des soins à un coût supérieur de 22 % à celui de leurs homologues privés ? Ou trouvent-ils que la gestion de l’argent public est plus régulière dans des administrations publiques qui spéculent sur le franc suisse et souscrivent par millions des emprunts toxiques ?

Alors, que cherche à pointer le gouvernement ? L’euro de bénéfice serait-il honteux et l’euro du déficit le modèle à suivre ? Sommes-nous dans un pays où le bénéfice est par nature suspect et où le déficit serait un signe de vertu ? Quelle tristesse pour notre système de santé qui n’est pas prêt de se moderniser avec une telle philosophie ! Une chose est sûre, ce gouvernement n’aime pas les entreprises de santé.

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