A la FHP-MCO, les inégalités de traitement entre le public et le privé restent notre principale préoccupation, notre combat principal. Devant l’indifférence des pouvoirs publics, nous avons pris la décision, à l’automne dernier, de porter ce sujet à la Commission européenne, où nous avons porté plainte contre l’Etat français pour atteinte à la libre concurrence.

C’était le sujet – resté secret jusque hier – de la conférence de presse que j’ai tenue hier à Paris, en compagnie de notre délégué général, Thierry Béchu, et de Me Thierry Dugast, du cabinet Saint-Louis Avocat. Nous avons été entendus par la presse et j’espère bien que nous serons entendus des pouvoirs publics. Nous sommes las des discriminations que nous subissons par rapport au secteur public et des enveloppes qui lui sont accordées sans justification. En 10 ans, 380 cliniques ont dû fermer : le problème est réel. Devant l’absence d’effet de nos revendications, nous avons porté le problème au niveau européen, et sur le plan juridique.

Les écarts de financement entre le public et le privé atteignent aujourd’hui plusieurs milliards d’euros. Comme le dit justement Maître Dugast, « plus de huit ans après l’introduction de la tarification à l’activité (T2A), il n’existe toujours aucun outil permettant de justifier d’un tel différentiel ». Cette différence de traitement non justifiée est la base de notre démarche : nous ne cherchons pas à entrer en guerre contre l’Etat français mais à faire justifier, si cela se peut, ce différentiel. En attendant, à la vitesse où la convergence tarifaire se fait, nous ne serons pas égaux avant 2092.

Nous faisons le même métier que l’hôpital public, avec la même passion. Nous avons usé les mêmes bancs à l’université, et nous accomplissons la même mission, celle de soigner. Comme deux enfants jumeaux, privé et public ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Nous n’attendrons pas 2092 pour que ces droits et ces devoirs soient respectés.

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  1. Dimanche 11 septembre 2011 à 09:59, par: Roy

    Différences entre le public et le privé ? Effectivement il y en a et il faudrait arrêter de confondre le privé et le public.

    Des établissements privés se construisent partout, dont certains comme MEDICA font des CA (plus de 400 millions d’euros assez impressionnant) , mais il faudrait aussi que ces établissements privés ne prennent pas que ce qui est rentable pour commencer et c’est déjà là une différence en matière de coût (les traitements longs ne sont pas pris en charge par les cliniques privées (personnes atteintes du S.I.D.A. etc)…!…

    Mais il y a pire dans certains cas des établissements de santé privé (qui se chargent de personnes atteintes d’alzheitmer se voient soignées par des personnels non qualifiés) …
    Mais ce n’est pas tout il y a aussi les mauvais traitements et là ce n’est pas acceptable par exemple un employé (non qualifié) s’est vu avec une peine d’un an de prison ferme, moi j’aurai été plus loin car cet établissement sait très bien toucher l’argent et répartir les dividendes aux actionnaires, pour le reste je préfère demeurer concis.
    Alors il n’y a aucun problème, si les établissements privés s’estiment lésés , qu’ils prennent en charge les cas lourds, les fins de vie avec du personnel qualifié et en nombre!
    Que ces établissements jouent aussi une certaine transparence sur la totalité de leurs bilans sociaux, sur les coûts prodigués de certains services qui sont des charges injustifiées pour la Sécurité sociale etc

    Il y a beaucoup à faire dans beaucoup de domaine une chose est certaine la machandisation de la santé ne sera pas sans des actions de plus en plus engagées en justice contre ceux dont le seul leitmotiv est de faire de l’argent sur le dos des pauvres gens.

    Certes tous les établissements ne sont pas à mettre dans le même panier il y a des hôpitaux semi-privés qui sont remarquables mais je dénonce ici toutes les entreprises qui par tous les moyens tirent des profits alors que paradoxalement certains hôpitaux publics doivent faire face très justement (1) aux impératifs de la T2A, de l’EPRD etc
    Mais comme je l’ai écrit les besoins ne sont pas les mêmes et il est faux dans ce cas de dire que le privé supporte des situations préjudiciables de la part de l’Etat, les exemples de situations contraires ne manquent pas (octroi de biens immobiliers, subventions etc).
    Donc, en cette période de crise je serai même amené à penser que l’Etat n’a plus à aider les groupes privés, les fonds publics en plus clair : l’Etat ne devraient plus servir des intérêts privés, car l’Etat c’est nous !

    Que les établissements privés se gèrent tout seuls c’est bien là une possibilité à envisager dans l’avenir.
    Les impôts des citoyens et citoyennes ne sont pas là pour engraisser des affairistes, qu’ils soient de France, d’Europe ou …des U.S.A…

    Plus de transparence, moins d’opacité et nous y verrons plus clair dans l’intérêt général.

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