C’est une décision qui a été votée en 2009 : la loi HPST (Hôpital, patients, santé et territoire) confère aux établissements privés le droit d’accueillir des internes en médecine pour leur formation. Ce privilège jusqu’alors réservé au public a été accordé aux cliniques et c’est une vraie joie pour chacun d’entre nous. Rappelons que l’internat est un passage obligé chacun des 20 000 étudiants en médecine qui ne peuvent achever leur cursus sans avoir fait leur premières armes dans un établissement de santé en tant qu’étudiant.

C’est ainsi que, pour la première fois cette semaine, une trentaine d’internes ont fait leur rentrée dans un établissement privé.

Accueillir des internes, c’est endosser le rôle de formateur et de pédagogue. C’est la possibilité pour le privé de commencer à transmettre son savoir et ses valeurs. C’est un pas de plus dans l’intégration du privé dans les missions de service public. La santé est une mission d’intérêt général et nous l’accomplissons au même titre que le public. Voici maintenant que nous accomplissons une autre de ces missions, celle d’enseigner et de former de futurs jeunes médecins.

Ce rôle reste à construire cependant. Nous n’avons peu ou prou aujourd’hui que le droit d’enseigner : sur les 20 000 internes qui font un passage en établissement de santé, nous n’en verrons qu’une cinquantaine cette année. Les autres feront leur semestre dans le public. Ce n’est donc qu’un début, mais qui reste, quoi qu’on en dise, une excellente nouvelle.

Share
Cette entrée a été publiée dans Humeurs. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.
  1. Jeudi 22 décembre 2011 à 14:44, par: jean-marc Vedrinne

    C’est effectivement une bonne nouvelle que les internes passent un semestre de leur formation dans le privé. Nous accueillons des internes depuis près de 20 ans dans notre structure privée à but lucratif (clinique du Tonkin à Villeurbanne). Exception française… Tous ces internes recoivent un enseignement clinique encadré par un senior qui a souvent lui même été assistant des hôpitaux et chef de clinique. Les internes sont enthousiastes et repartent avec une idée différente de la pratique en secteur privé. C’est peut-être la raison du frein du public…

  2. Vendredi 03 février 2012 à 00:15, par: cabasset fabrice

    Cher monsieur,

    Je fus moi-meme interne puis assistant, responsable des internes qui passaient dans le service, dans un service mais dans le public. Dieu me pardonne.

    Vous me reparlerez de votre ressenti lorsque cela sera généralisé et on verra le ressenti de vos confrères à la tete d’établissement à but lucratif.

    Un interne, c’est quelqu’un en formation, est donc de chronophage pour son tuteur. Il a des droits statutaires avec des repos compensatoirs après des gardes, des jours de formations à l’université, des absences pour causes de panne de réveil, de voiture…
    Sous la responsabilité d’un sénior, c’est pour ce dernier, si il laisse un peu d’autonomie à son interne, une charge mentale. Si il veut l’aider dans sa thèse en préparation, une source d’investissement intellectuel, très enrichissant mais encore une fois chronophage.

    Une autre chose, d’expérience, ne prenez pas l’apparente satisfaction des internes qui repartent de votre établissement pour argent comptant. Ils sont, nous ne sommes, que des humains. « Oui, j’ai fais un super stage: Je sortais à 15h et après j’allais surfer, je revenais faire ma contre visite vite fait vers 18h. Vas-y c’est trop cool, En plus le chir_, l’après_m, il n’est jamais là, il a trimé toute la matinée, alors après il a golf.

    En vous souhaitant bon courage pour votre partenariat privé-public….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*