Les décrets d’encadrement des conditions d’organisation des actes de télémédecine sont sortis depuis déjà six ans, et les recommandations du CNOM sur l’éthique des pratiques depuis sept ans. Un guide expose les enjeux et les finalités de la télémédecine, des études nombreuses montrent l’efficacité de cette prise en charge et la satisfaction des patients comme des professionnels, les experts prônent la télémédecine pour lutter contre les déserts médicaux. Et pourtant, cette activité ne décolle pas. Tout le monde parle de télémédecine, mais personne – ou presque – n’en fait.

Le frein essentiel est financier. Les actes de télémédecine ne sont tout simplement pas remboursés et l’une des activités les plus avancées – la télésurveillance de 2 000 patients porteurs de prothèse cardiaque en Aquitaine – survit grâce à des subventions dont aucune n’est pérenne. Nous stagnons dans une situation perdant-perdant : inégalité d’accès aux soins pour les patients, insatisfaction des professionnels de santé, mauvais signal pour les industriels, et renoncement aux économies permises par la télémédecine qui de fait, ne seront pas réalisées. Un constat qui est partagé par nos voisins européens, outre la Suède, pionnière notamment en télésurveillance.

Par ailleurs, restent encore en suspens des questions relatives à la responsabilité des médecins et à la sécurisation des données. Sans oublier la nécessaire appropriation de l’outil par les praticiens eux-mêmes, une récente étude menée dans une zone rurale en Lorraine soulignant précisément l’importance du facteur humain dans l’acceptation de la pratique de la télémédecine.

L’avancée médicale et organisationnelle de la télémédecine est trop belle. Continuons donc à en parler, informons et formons les acteurs, persévérons dans nos demandes de financement et faisons de la télémédecine !

Ségolène Benhamou
Présidente du syndicat FHP-MCO

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