L’entreprise (re)gagne le cœur du gouvernement et des Français. Laissons aux analystes politiques le soin de qualifier le discours de François Hollande de virage idéologique ou pas, retenons que, prenant toute la mesure de la crise, la France se réveille en se disant que, finalement ça vaut le coup de miser sur les entreprises. Nous sommes 600 d’entre elles ! Cette nouvelle posture nous autorise à espérer que le dogmatisme qui trop souvent pénalise notre secteur privé, s’estompera peu à peu…  Il nous appartiendra à tous, lors de nos prochains rendez-vous, de replacer notre argumentaire dans ce cadre politique renouvelé par le président lui-même, de se jouer de ce nouveau rapport de force qui placent les entreprises au centre du dispositif gouvernemental.
Les agents du ministère de la Santé seront encore davantage placés dans une situation impossible, car ils sont, d’une part, comptables de l’hôpital public, et d’autre part, garants de l’offre hospitalière dans son ensemble. Restons donc très prudents. Comment ce dispositif de suppression des cotisations familiales, dont 30 milliards d’euros sont attendus, va se déployer et selon quel calendrier ? Comment le choix entre ce dispositif et celui du CICE va-t-il se faire ?  Qu’est ce que veut dire une politique de l’offre centrée sur les entreprises dans un secteur de la santé contraint ? Enfin, quels engagements notre profession pourra-t-elle tenir en termes d’objectifs chiffrés de création d’emplois, contre-partie attendue par les partenaires sociaux ? Au mieux « normales », les propositions relatives à notre secteur énoncées par François Hollande ne font pas rêver (cf ci-après). Lors de ses vœux le 31 décembre, le président déclarait pourtant vouloir en terminer avec les excès et les abus qui menacent la sécurité sociale,  car « ils mettent en cause l’idée même de solidarité« . Sauver « notre bien le plus précieux » mérite donc une réforme structurelle profonde et non une politique de « rabot » sur laquelle Didier Migaud, président de la Cour des comptes, met précisément le gouvernement en garde car elle vise à pratiquer une « compression uniforme de la dépense » sans réelle vision politique pérenne. Les vœux de la FHP-MCO présentés hier à la profession sont quant à eux simples : 1,5% d’augmentation des tarifs en 2014 (demande raisonnable compte tenu de la sous-exécution de notre enveloppe de 135 millions d’euros en 2013 et 97 millions en 2012), pas de dégressivité, une visibilité sur trois ans avec une cohérence entre la durée des autorisations et celle des investissements et la généralisation du financement à la qualité.

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