À l’heure où le ministère de l’Environnement change de braquet et abandonne une écologie punitive pour opter pour une écologie positive, celui de la Santé déploie tous azimuts des process de sanctions et adopte résolument une politique de la punition. Pour cela, il prévoit de donner un blanc seing aux organisations régulatrices qui auront le pouvoir de vie et de mort sur nos entreprises sur lesquelles pourront s’abattre potentiellement une pluie de sanctions (qualité, activité de nos médecins, etc.). Un non-sens particulièrement en ce qui concerne des recommandations nouvelles qui n’ont fait l’objet d’aucune pédagogie préalable comme, par exemple, la pertinence des actes. Au-delà, sanctionner les professionnels de santé n’aidera en rien les Français à être en meilleure santé, et il n’est pas inutile de rappeler que la finalité de la politique sanitaire de notre pays n’est pas de faire vivre le système, mais bien de soigner la population. De plus, confier aux ARS, juges et partie, la survie des établissements publics d’une part et la préservation d’emplois privés d’autre part, est schizophrène. Le signal est donc mauvais ! Par ailleurs, l’expérience montre que l’amende n’agit pas comme une sanction morale, mais le fait qu’elle se paie en argent, l’inscrit dans un registre marchand. C’est l’échec par exemple de la taxe carbone qui ouvre la possibilité d’acheter un droit à polluer. Ainsi, de cette politique de la punition, il est peu à attendre en termes de responsabilisation des acteurs mais beaucoup à perdre en terme économique surtout pour ceux qui paieront leur dîme jusqu’au dernier centime, quand d’autres creuseront simplement le déficit de la sécurité sociale. Notre gouvernement se trompe dangereusement de route : il choisit de prendre celle de l’infantilisation alors que nous sommes prêts à emprunter, ensemble, celle de la confiance et de la responsabilisation des acteurs.

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