Monsieur L’hôpital est en service de réanimation. Les symptômes de sa maladie : déficit structurel, lits et blocs sous-utilisés. Le diagnostic après réunion de concertation pluri tutelles est clair : excès de charges, manque d’activité. Souffrant manifestement de surpoids, le patient, qui n’a pas respecté ses régimes, doit subir une opération de chirurgie bariatrique. Le chirurgien en a vu d’autres et l’attend de pied ferme avec un programme minceur de plusieurs milliards d’euros. Le patient se révolte et exhorte le médecin, plaquette de communication vengeresse à l’appui, de s’occuper plutôt de sa voisine de chambre. Madame Clinique est aussi mal en point que lui, mais à l’inverse, elle est plutôt dénutrie et mal aimée, elle souffre de douleurs cardiaques. Elle est également attendue au bloc et craint que l’anesthésiste n’essaie à nouveau de l’opérer sous hypnose. Mais elle reste optimiste, elle fait confiance à son hygiène de vie et se risque même à donner quelques conseils diététiques à son voisin. Elle lui explique que le travail c’est la santé, que l’on peut rester en forme sans se bourrer de MIGAC et qu’il faut absolument éviter les substances et autres emprunts toxiques. Elle tente même de lui transmettre son goût pour la nouveauté et son indéfectible instinct de survie. Mais rien n’y fait, il ne l’écoute pas, pense qu’il est immortel et tente même de lui chiper son plateau repas. L’opération chirurgicale rate et Monsieur L’hôpital est mis sous perfusion. Madame Clinique se dit alors qu’il faut qu’elle tienne le coup car personne ne viendra la sauver et on compte sur elle. Elle se rappelle les grands principes que la vie lui a enseignés et continue son chemin.

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