En juillet dernier, la FHP a commandé une étude sur Les Français et le système de santé. Réalisée par Ipsos et Logica Business Consulting, cette enquête conclut que les Français ont dans leur grande majorité une très bonne opinion de la qualité des soins prodigués dans leur pays. Entre maillage national, capital confiance des acteurs du système de santé, grands enjeux de santé publique et prise en charge de la douleur, cette étude nous éclaire sur le regard que les patients portent sur nous, professionnels de santé.

J’aurais pu m’arrêter au ressenti positif des sondés sur la confiance, la qualité des soins. Mais en lisant les résultats de cette étude, je suis tombé ­­– littéralement – sur un chiffre : 39%. 39% des sondés déclarent avoir déjà renoncé à des soins cette année en raison de leur coût. Si l’on regarde de plus près, on constate que cette pratique touche davantage les catégories les plus fragiles : les femmes (42% contre 35% des hommes), les jeunes (43% des moins de 35 ans contre 37% des 35 ans et plus). 53% des ménages à moins de 1 200€ mensuels ont déjà renoncé à des soins en raison de leur coût. 41% l’ont déjà fait plusieurs fois.

En France, en 2011, 4 personnes sur 10 ont déjà retardé le moment d’un examen ou l’achat de nouveaux verres correcteurs pour des raisons financières. Bien évidemment, je ne me voile pas la face. La crise économique est encore là,  le budget des ménages est de plus en plus serré.

Pour 55% de ces personnes en grande précarité, l’accès au soin, l’avenir du système de santé sera un enjeu primordial de l’élection présidentielle. 1 sur 2, c’est encore peu. Cela veut dire que la moitié d’entre eux n’a plus foi dans les pouvoirs publics. Que ces 39% sont une fatalité.

Voilà ce que j’avais envie de vous dire en ces jours de rentrée. J’aurais pu me féliciter de la bonne image de notre système de santé, me rassurer en pariant sur l’avenir ; mais en ces jours difficiles, à quelques semaines de notre Congrès des Usagers, je me sens l’âme d’un combattant prêt à lutter contre les chiffres qui prennent les habits de la fatalité.

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