Que faut-il penser des GHT ? Justement, ça dépend ! Les Groupements hospitaliers de territoire sont par définition territoire-dépendant. Cette coordination forcée des hôpitaux publics pourrait signifier à terme un changement d’ère pour certains d’entre nous, ou une formalité pour ceux qui jouissent de situations monopolistiques ou particulières. Pour tous, des remous sont à attendre si l’on en croit l’une des propositions portées par la FHF : « L’organisation nouvelle doit conduire à privilégier les coopérations public-public et revoir les conventions et partenariats anciens. »

Certes, les GHT portent en eux la promesse d’une rationalisation de l’offre publique de soins et en théorie des économies substantielles. Et certes nos Tutelles affichent une volonté de maintien des partenariats public-privé existants. Mais la dynamique des GHT risque d’être un accélérateur des zones de fragilité de nos cliniques et même un facteur de déstabilisation : aspiration d’activités, captation de filières de patients, coups de boutoir dans nos autorisations. Une fois passée la discorde entre acteurs publics, cette réforme va libérer leurs appétits au sein de leur propre famille et au-delà stimuler leur volonté de conquête.

Et le patient dans tout cela ? Une autre proposition portée par la FHF stipule que « la préférence pour la coopération public-public ne doit pas se faire au détriment de l’intérêt du patient, ni faire fi de sa liberté de choix ». Quelles seront la compréhension et l’interprétation de cet axiome par les ARS ? Ont-elles seulement les moyens – voire même l’envie – d’arrêter le mouvement de fond de la « préférence sectorielle » qui est en train de se mettre en marche ? Quid des associations d’usagers qui sont pour l’heure silencieuses ?

Si l’esprit de réforme nous sied, ce n’est pas le cas des modalités de mise en œuvre. Les établissements de santé privés ne sont pas membres des GHT, mais les projets médicaux de ces derniers auront forcément des répercussions sur l’ensemble du territoire. À ce titre, nous devons refuser d’être mis à l’écart et demander à participer à leur élaboration, ne serait-ce que pour rappeler l’importance de l’offre privée et ne pas être exclus des filières qui se créent.

Ségolène Benhamou

Présidente du syndicat FHP-MCO

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