L’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) vient de publier son rapport annuel 2014. Il reprend les incidents de violence signalés par les établissements de santé sur la base du volontariat. S’il n’est pas exhaustif, il représente néanmoins une image de la violence présente au quotidien dans les services. L’hôpital est par nature un lieu où la souffrance et l’angoisse ont toujours été présentes. On ne peut donc pas dire qu’il y ait plus de violences, mais que leur origine ou leur forme a changé, et que le sentiment d’insécurité ressenti par les professionnels de santé augmente.

En 2013, environ 12% des établissements sanitaires (publics et privés) ont signalé des actes de violence sur la plate-forme de l’ONVS. Mais si les hôpitaux publics déclarent régulièrement (28% d’entre eux), nous sommes à peine plus de 3% à nous impliquer dans cette démarche de signalement. Personne ne se glorifie de se frotter à la violence, mais ne pas en attester pourrait laisser croire que nous ne prenons pas en charge les mêmes patients, alors que pas un seul de nos établissements de santé privés n’échappe à des agressions verbales ou physiques sur ses personnels.

L’ONVS encourage la déclaration de tous les événements de violence, quelle que soit leur gravité. Les atteintes aux personnes représentent 72% des signalements, avec 1/3 d’agressions physiques et 2/3 d’agressions verbales, les autres signalements concernant des atteintes aux biens. Les services les plus impactés sont la psychiatrie avec le quart des incidents déclarés, les urgences, la médecine et la gériatrie. Les personnels des établissements sont victimes des atteintes aux personnes dans près de 8 cas sur 10, en particulier les infirmiers, les autres personnels soignants et les médecins. Dans près de 9 cas sur 10, les auteurs des violences sont des patients ou des accompagnants.

Si l’on ne peut cautionner cette violence qu’il faut au contraire dénoncer et combattre, on doit néanmoins s’interroger sur sa signification. Au-delà d’un phénomène de société, c’est un ensemble de facteurs qui peut conduire à l’expression de manifestations de violence. Dans un quart des cas, il est fait état d’un reproche relatif à la prise en charge du patient. Les autres motifs déclarés comme la cause des violences sont le temps d’attente jugé excessif, l’alcoolisation et le refus de prescription.

Chaque jour nous nous battons pour démontrer que nous accueillons les mêmes patients. Il est de notre responsabilité collective et individuelle de le faire savoir.
Alors agissons et déclarons les faits de violence !

Observatoire des violences en milieu de santé :
http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_ONVS_2014.pdf

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