La santé : un facteur de cohésion sociale

Le récent rapport du Conseil économique, social et environnemental, « Réconcilier la France », analyse notre pays à travers la notion de cohésion sociale. Sans doute est-il temps de dépasser le seul PIB et d’observer la France à l’aune de nouveaux indicateurs. Le CESE en pose 10 et place en 4eposition l’espérance de vie en bonne santé, après le taux d’emploi, l’effort et la recherche, et l’endettement. Ainsi, à pas mesurés, nous avançons collectivement dans une lecture critique de nos systèmes de vie modernes.

La santé pour tous est un droit inaliénable, c’est aussi un facteur qui contribue fortement à « réconcilier » la France. En effet, comment améliorer la cohésion sociale dès lors que des inégalités sociales face à la mort demeurent ? À l’âge de 35 ans, un homme cadre dispose encore d’une espérance de vie supérieure de 7 ans à celle d’un ouvrier, et une femme cadre, de 3 ans supplémentaires à celle d’une ouvrière. Ces inégalités persistantes sont aggravées par celles constatées dans l’accès aux soins et à la promotion en santé dans les lieux de vie et de travail. Sociales, régionales, les inégalités se déclinent désormais aussi selon le genre : les femmes vivent en moyenne 6 ans de plus que les hommes, mais seulement 2 ans de plus en bonne santé. Sur ces points, tutelles et professionnels de santé se doivent d’apporter des réponses à la population.

Le CESE propose une nouvelle grille de lecture et invite le système sanitaire non seulement à quitter le champ de la maladie pour entrer dans celui de la santé, mais aussi à répondre à un impératif de cohésion sociale. Nous saluons cette vision du système qui considère la santé non plus comme une cause d’endettement des familles et de l’État, mais bien comme une source de richesse sociale. Notre secteur peut être fier de participer à garantir la cohésion sociale de notre pays.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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(In)soutenabilité de notre système de santé

Avec 1,8 million de patients supplémentaires atteints de maladies chroniques d’ici 2020, la question de la soutenabilité de notre actuel système de santé se pose. Les maladies chroniques concernent 20 millions d’assurés, soit 35 % des bénéficiaires du régime général, et elles connaissent des taux de croissance à deux chiffres. Une situation alarmante, même si les récentes projections de la CNAM observent un ralentissement de la hausse.

L’enjeu est tout d’abord financier. Comme l’a souligné la Cour des comptes en septembre dernier, l’effectif des assurés du régime général en ALD a doublé en vingt ans, tandis que la population augmentait de 10,7 % sur la même période, soit un rythme de progression 10 fois plus rapide. Tous régimes confondus, le montant total des dépenses d’ALD était estimé en 2013 à 89,3 Md€, ce qui représente 60,8 % des dépenses totales des régimes d’assurance maladie.

Ensuite, l’enjeu est médical. L’ouverture du numerus clausus, ou bien encore le développement de pratiques avancées s’appuyant sur un système de délégation de tâches, permettront-ils de gérer la pénurie annoncée des ressources humaines médicales territorialisées ?

Enfin, l’enjeu est organisationnel. Les établissements de santé devront évoluer au rythme soutenu qu’impose le changement des besoins en santé. La question de la mise en œuvre de parcours patients efficients est d’ores et déjà très prégnante dans nos organisations.

Certes, nous sommes agiles et innovants, mais il nous faudra trouver de nouveaux modèles économiques pour participer à la prévention, que ce soit pour éviter les maladies chroniques ou pour éviter les rechutes. Il nous faudra inventer des dispositifs portés par les professionnels de santé eux-mêmes, plutôt que de se voir imposer des organisations par le régulateur ou le payeur.
Nous sommes concernés par l’avenir de notre système de santé et nous serons force de proposition. « Make our health care system great again » !

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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Espace-temps

Thomas PESQUET, astronaute français, observe la terre à 450 km au-dessus de nos têtes. Depuis l’espace, il décrit notre planète comme un vaisseau spatial qui aurait embarqué tout ce dont ses habitants ont besoin pour vivre durablement. C’est précisément à la préservation de notre Terre que nous invite la Semaine européenne du développement durable qui démarre demain.

Notre pays est lui aussi – sous certains aspects – en apesanteur. L’actualité est figée, et nos dossiers sont en attente d’une nouvelle gouvernance exécutive et législative en ordre de marche. Nous avons l’impression que le temps s’est arrêté. Notre congrès inter-spécialités des 8 et 9 juin sera l’occasion de lever la tête et pourquoi pas, puisque nous serons à Strasbourg, de prendre une « hauteur européenne ».

Cet arrêt sur image sera toutefois de courte durée, car le fonctionnement de nos établissements demande un éclairage rapide sur les orientations économiques et politiques concernant notre secteur, puis des réponses techniques précises. Le prochain PLFSS est en cours d’élaboration et nous n’avons à ce stade aucune information. Quant au déploiement des GHT, du Service Public Hospitalier, ou encore de la réforme des autorisations, quelle sera la politique de la nouvelle Ministre ?

Le rythme devrait devenir plus soutenu suite à la nomination des membres du Cabinet de la Ministre Agnès BUZYN. À sa tête au poste de Directeur de Cabinet : Gilles de MARGERIE, énarque qui travaillait jusqu’à présent pour le groupe de protection sociale Humanis. Il sera secondé par deux Directeurs adjoints : l’un s’occupera de la partie santé, Yann BUBIEN, Directeur Général du CHU d’Angers ayant occupé des fonctions à la FHF pendant 5 ans ; et l’autre devrait prendre en charge la partie solidarités, Aude MUSCATELLI, énarque sortant de la Direction Générale de la Cohésion Sociale. Pas de professionnel issu de l’hospitalisation privée dans l’équipe. Notons toutefois la nomination d’un médecin généraliste, le Dr Jacques-Olivier DAUBERTON, au poste de Conseiller chargé des crises sanitaires.

Après cette période d’apesanteur, ce sont avec les pieds bien sur terre que nous sommes prêts à travailler de façon constructive avec ce nouveau Cabinet.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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Réforme des autorisations d’activité, c’est parti !

La valeur d’un établissement se mesure à ses équipes, à ses équipements, à son activité et à ses autorisations. En ce sens, le process de construction et d’obtention des autorisations est un dossier éminemment stratégique, avec des enjeux majeurs de restructuration.

Par l’article 204 de la loi de modernisation du système de santé, l’État prévoit de simplifier et moderniser les différents régimes d’autorisation. Après une première étape sur la simplification des procédures menée ces derniers mois, le Ministère se lance dans une seconde phase : la modernisation des autorisations d’activités de soins et d’équipements lourds. C’est un chantier considérable, puisqu’il concerne toutes les activités MCO, avec des échéances prévues d’ici fin 2019.

Pour ouvrir la danse, la DGOS jette son dévolu sur le champ « interventionnel », une activité en plein développement. Le périmètre annoncé est large : non seulement la radiologie interventionnelle qui n’était pas encadrée jusqu’alors, mais également la cardiologie et la neurologie interventionnelles.

C’est au microscope que nous suivrons les travaux menés par le Ministère sur l’écriture des conditions d’implantation et des conditions techniques de fonctionnement, dont l’officialisation par un décret est attendue fin 2018. L’esprit d’ouverture et de co-construction affiché permettra à la FHP-MCO de participer activement aux débats et d’apporter toutes les contributions nécessaires. Nous défendrons les forces d’un secteur dynamique, qui assure une part importante de l’activité, et nous nous battrons pour éviter l’adoption de critères qui conduiraient à concentrer l’activité et réduire l’accès aux « techniques interventionnelles ».

Le diable se niche dans les détails, et certains pourraient avoir un impact très négatif. Nous commençons donc un marathon qui requiert à la fois de la technique et une vision plus globale de l’organisation des soins, de la vigilance et de la ténacité.

Nous ne manquerons pas de faire un point d’étape lors de notre Congrès à Strasbourg les 8 et 9 juin prochains.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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Palmarès des ARS

Le cadre du prochain quinquennat est désormais posé. Même si nous attendons confirmation de la politique que mènera le prochain Ministre de la santé, nous connaissons son administration. Elle est notre quotidien.

Evaluer pour améliorer est un sain réflexe de manager, et lorsqu’il s’agit d’un service de l’Etat, s’ajoute une légitime démarche de citoyen. En d’autres termes, la FHP-MCO œuvre dans l’intérêt bien compris des deux parties. L’évaluation des ARS, que nous avons lancée l’année dernière, repose sur 2 piliers : d’une part sur une étude objective réalisée par un cabinet d’avocat, d’autre part sur une photographie de votre ressenti analysée par l’institut Ipsos.

Un très grand merci aux 201 participants qui se sont prêtés au jeu. Les différences régionales indiquent que vos réponses n’ont été ni mécaniques, ni par dépit. Et comme nous disposons d’un échantillon conséquent, les résultats d’ensemble sont donc solides.

Mais suspense, car le palmarès qui en découle sera présenté lors de notre Congrès FHP-MCO/SSR/PSY à Strasbourg. En direct avec vous, depuis ce terreau fertile d’où avait fusé l’idée initiale, nous pourrons débattre des résultats et élaborer des propositions concrètes pour améliorer la transparence et l’équité au niveau de l’action de nos tutelles.

Je vous espère nombreux à notre Congrès des spécialités les 8 & 9 juin 2017 !

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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