Excellentes vacances à tous !

Dans le secteur de la santé, il n’y a pas de cigales mais seulement des fourmis. Les médecins généralistes cherchent désespérément un remplaçant pour partir en vacances, nos chirurgiens s’offrent une pause estivale au prix d’efforts redoublés avant et après, et nous nous organisons au mieux avec nos cadres pour pouvoir souffler, une fois les plannings d’été des salariés bouclés.

Si certains d’entre nous sont arrivés par hasard dans le secteur de la santé, nous choisissons tous d’y rester. Malgré les nombreuses difficultés, il y a de bonnes raisons à cela. Deux s’imposent : le fait d’exercer un métier noble, celui du « prendre soin » qui revêt un sens profond ; et le fait d’être sans cesse challengés intellectuellement et tenus en éveil.

La question « la rentrée 2017 sera-t-elle aussi dure que les précédentes ? » est un peu vaine : oui, elle sera difficile et au fil de nos éditos, nous avons partagé avec vous tous les éléments dont nous disposions.

Les vacances serviront donc à remettre un peu de perspective dans cet environnement professionnel, et à puiser l’inspiration et l’énergie qui feront de nous, dès septembre, des interlocuteurs ingénieux et pugnaces.

Vos administrateurs de la FHP-MCO ont déjà un rendez-vous important les 14 & 15 septembre prochains : ce sera notre séminaire annuel afin, d’une part, de préparer au mieux la politique syndicale de l’année à venir et, d’autre part, de conduire les réflexions nécessaires pour accompagner la profession dans ses mutations.

L’équipe de la FHP-MCO se relaie tout l’été pour rester à votre service. Elle se joint à moi pour vous souhaiter d’excellentes vacances. Nous nous retrouverons dans le cadre du « 13h » le lundi 4 septembre.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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Le fruit de notre histoire

Vendredi nous fêtions le 14 juillet, un événement révolutionnaire qui place le peuple au cœur de l’action. Forteresse imprenable, la Bastille, symbole de l’arbitraire royal, tombe. Nous sommes le fruit de cette grande histoire et demeurons profondément attachés aux valeurs de justice et d’équité. À l’occasion de cet anniversaire, ce n’est pas à une révolution que je vous convie, mais à être force de propositions constructives et vigoureuses. « L’impossible » rompt souvent sous la ténacité. L’objectif d’une reconnaissance juste de nos efforts et de nos réussites demeure intact.

Dès la Révolution et pendant tout le XIXe siècle, des établissements de santé privés variés (commerciaux, mutualistes, confessionnels) répondent aux besoins croissants en hospitalisation. On enregistre alors à partir du début du XXesiècle la création de plusieurs syndicats : Syndicat national des maisons de santé privées pour les maladies mentales et nerveuses, Syndicat national des médecins directeurs de maisons de santé ouvert à différentes spécialités, Syndicat MCO, Syndicat Parisien, … En 1963, on dénombre 1 880 cliniques MCO sur un total de 2 217.

Le regroupement de toutes les cliniques signe son premier acte le 30 juin 1936, lors d’une convention avec notamment la Fédération des syndicats professionnels des services hospitaliers et sociaux. Ce regroupement grandit progressivement pour constituer la FIEHP. À la suite d’une scission en 1970, la FIEHP et l’UHP coexistent pendant 31 ans. C’est en 2001 que les deux syndicats fusionnent pour créer notre maison commune, la FHP.

Même si la liste de nos insatisfactions est longue, 2017 n’est qu’un point d’étape. En huit décennies, que de chemin parcouru par nos cliniques et hôpitaux privés.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

Pour en savoir plus : « Les cliniques privées : deux siècles de succès ». Olivier FAURE avec la collaboration de Dominique DESSERTINE – Presses Universitaires de Rennes.

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Vers un nouveau plan triennal d’économies ?

Aux pendules de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, l’heure est grave. Les comptes sociaux sont en train de déraper. Le déficit atteindra 5,5 milliards d’euros en 2017, c’est-à-dire 1,3 milliard de plus que prévu. La branche maladie affiche pour sa part un déficit de 4,1 milliards au lieu des 2,6 annoncés (4,8 milliards en 2016). La publication des comptes de la Sécurité sociale est le premier acte de la campagne tarifaire.

Si aucune grande réforme ne se profile en 2018, une quatrième année de fortes économies est annoncée. Elle semble s’inscrire dans la même lignée que le plan triennal qui vient de s’achever. À titre d’exemple, la Cour des comptes préconise 600 millions d’euros d’économies sur la chirurgie ambulatoire et 900 millions sur la dialyse ! La politique aveugle du rabot n’est manifestement pas derrière nous.

Reste l’information majeure du rapport de la Sécurité sociale : les dépenses des cliniques « sont proches de l’équilibre », c’est-à-dire que nous avons collectivement respecté l’enveloppe fixée par la loi. Bons élèves nous le sommes et le restons ! De son côté, l’hôpital public, qui a réalisé un dépassement de 150 millions d’euros, se voit annuler des crédits DAF et MIGAC afin de compenser une partie du dépassement et de respecter l’enveloppe.

La FHP-MCO travaille tout l’été, elle suit pas à pas ces annonces, et œuvrera au respect d’une politique fondée sur la cohérence, l’équité et la transparence. Souhaitons que cette campagne tarifaire soit plus pertinente que les précédentes et n’utilise pas les mêmes vieilles mauvaises recettes.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

 

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Pour une contrainte partagée, transparente et cohérente

Le rapport de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques publié jeudi annonce des « marges d’efficience de grande ampleur ». Diffusé le même jour, le rapport annuel des charges et produits de la CNAMTS propose aux parlementaires des orientations budgétaires avec à la clé 1,94 milliard d’économies déjà fléchées sur le secteur de la santé. Espérons que ce plan d’économies, confirmé dans son principe (15 milliards d’ici 2022) par la Ministre Agnès BUZYN dans sa feuille de route, ne vienne pas obérer une nouvelle ère promise par le gouvernement, notamment pour le PLFSS 2018.

La contrainte économique ne sera acceptable qu’au prix de réformes profondes des modèles de financement. La politique du « rabot » a atteint ses limites. Les premiers grands signaux se veulent rassurants : objectif de desserrement de la contrainte européenne à 3 % (versus 2,8 % annoncé) et augmentation de l’ONDAM réévaluée à 2,3 %, confirmée par la Ministre. Sincérité ou pas des comptes précédents, le gouvernement répète sa volonté de contenir le déficit public. Le secteur de la santé prendra sa part des efforts, c’est un point entendu.

Les 17 postes d’économies proposés par la CNAMTS s’inscrivent dans le prolongement des plans d’économies antérieurs. Certains points requièrent toutefois notre plus grande vigilance et nous réagirons à toutes les injonctions contradictoires, en premier lieu, celles concernant la chirurgie ambulatoire avec 200 millions d’euros d’économies annoncés ! Nous regarderons également de très près 2 des 31 mesures pour améliorer la « qualité et l’efficience du système de soins » qui complètent le rapport, concernant les seuils d’activité en chirurgie et l’organisation de la chirurgie bariatrique. Enfin, nous portions déjà l’an dernier l’idée d’un financement à l’épisode de soins. La CNAMTS en fait une de ses pistes prioritaires. Nous comptons bien participer à ces expérimentations à venir.

À nos interlocuteurs opérationnels, nous apporterons des argumentaires techniques pour défendre notre secteur. De nos interlocuteurs politiques, nous attendons qu’ils appréhendent le secteur de la santé comme une clé de la réussite économique et sociale de notre pays et qu’ils prennent des décisions équitables, transparentes et cohérentes.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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La chirurgie au sein des territoires de santé

L’Académie de chirurgie organisait jeudi dernier un débat sur les enjeux de la chirurgie au sein des territoires à la suite de l’institutionnalisation des GHT. Un territoire est un écosystème politique, économique, social dans lequel on évolue. Dès lors, comment l’offre de soins préventifs, curatifs de premier et second recours peut-elle s’organiser ?

Les réponses doivent être pragmatiques et donc plurielles en fonction de l’état des lieux et de l’évolution démographique attendue de chaque territoire. Inscrit dans la Loi de santé et dédié au monde hospitalier public, le GHT est un dispositif clé de la territorialisation des soins. Mais il est un outil et non une fin, et donc seulement un des éléments de réponse, qui ne doit pas faire oublier que plus de la moitié de la chirurgie est réalisée en-dehors du GHT. Dès lors, il convient d’être particulièrement vigilant.

Tout d’abord, il ne faut pas confondre l’organisation du territoire de santé et l’organisation du GHT. Si le glissement est aisé pour certains, rappelons que le projet médical du GHT ne prévaut pas sur le projet médical du territoire, mais qu’il en est une des composantes. En conséquence, les autres acteurs hospitaliers ne peuvent en être les variables d’ajustement.

Ensuite, il s’agit de préserver les filières et les conventions existantes dans la mesure où elles sont efficientes. Il faut maintenir les complémentarités – notamment public/privé – que les professionnels ont mis tant de temps à construire : elles sont cohérentes, garantissent qualité et sécurité des soins, et maintiennent le libre choix de l’usager.

Enfin, la FHP-MCO plaide pour une organisation de l’offre basée sur le recours et non sur la classification des acteurs. Elle doit être construite de manière « positive » et non « négative », car il n’y a pas de « petite » ni de « grosse » chirurgie, mais il y a une activité chirurgicale dont certaines prises en charge peuvent nécessiter des plateaux techniques de recours. La gradation des soins telle que proposée pour réorganiser l’offre chirurgicale publique au sein du GHT, ne saurait être étendue à l’ensemble du territoire.

Une organisation territoriale ne se décrète pas, elle se construit en s’appuyant sur l’adhésion des professionnels et des établissements de santé à un projet territorial commun et partagé. La clé de la réussite sera bien d’embarquer tous les acteurs dans la réflexion.

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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