Le rapport « produits et charges » de la CNAMTS vient de tomber : il est le préalable fort attendu du PLFSS 2019, car il est transmis au Parlement dans le cadre de sa préparation. En attendant la présentation du plan ambitieux de transformation du système de santé (prévue en septembre), nous sommes d’ores et déjà alertés sur les grandes tendances à court terme. Si les éléments de ce rapport se confirmaient dans le PLFSS, et de facto dans la construction de la campagne tarifaire, la chirurgie ambulatoire, devenue majoritaire mais toujours appelée par le gouvernement à poursuivre son développement, porterait un plan d’économies jamais connu auparavant de 200 millions d’euros annoncés.

L’objectif ministériel d’un taux d’ambulatoire cible à 70 % en 2022 (54,7 % en 2017) impose une progression d’environ 3 points par an. Chacun partage l’ambition d’un tel objectif, quand les moyens d’y parvenir sont réunis. Aujourd’hui le développement de la chirurgie ambulatoire s’opère vers des pathologies plus lourdes en termes de charge en soins. Cela nécessite pour les établissements de santé d’organiser le parcours du patient, en amont et en aval du séjour hospitalier, avec la mise en place de moyens adhoc non intégrés dans les études nationales de coûts, et donc non valorisés au sein des Tarifs Issus des Coûts (T.I.C.), alpha et omega de la construction tarifaire.

A la veille de la mise en place d’expérimentations sur le financement des prises en charge des patients, comment doit-on interpréter le message de ceux qui nous gouvernent ? Le Ministère demande aux établissements de santé de développer une activité dont elle baisse dans le même temps les tarifs, alors que mécaniquement ils perdent déjà leurs ressources annexes ? Nous sommes face à une réelle prise de décision désincitative, très déstabilisante en termes de message mais aussi d’intérêt à agir pour des acteurs de santé responsables que nous sommes.

Les établissements MCO n’ont que trop porté les plans d’économies sur la chirurgie ambulatoire. Rappelons que 450 millions d’euros ont déjà été prélevés entre 2015 et 2018, une situation disqualifiante que la FHP-MCO s’emploie à discuter auprès de ses interlocuteurs. Avec les chaleurs de l’été commencent les tours de chauffe de la campagne tarifaire !

Ségolène Benhamou
Présidente de la FHP-MCO

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